Communiqué dénonçant la menace de dissolution de l’association Shams par le gouvernement,

Les associations : 

Chouf, qui se mobilise pour les droits de toutes personnes s’identifiant comme femmes, ainsi que pour les droits des personnes discriminées pour leur orientation sexuelle, leur expression ou identité de genre, 

Et 

Mawjoudin, qui travaille pour garantir l’égalité, protéger les droits humains, les droits corporels et sexuels des membres de la communauté LGBTQI+ et les autres groupes marginalisés à travers le plaidoyer, la documentation, le renforcement des capacités, la sensibilisation, la création des espaces sécurisés et sûrs et le lobbying 

dénoncent la menace de dissolution de l’association Shams par le gouvernement, en raison de leurs activités de soutien aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, ainsi que leur plaidoyer contre l’article 230.

Ces pratiques s’opposent à la liberté d’organisation et d‘association assurée par l’Article 35 de la Constitution Tunisienne de 2014 et aux fondements d’un Etat de droit, où la société civile joue le rôle de contrepoids et de lanceur d’alerte face aux lois liberticides et anticonstitutionnelles, parmi elles l’article 230 du Code Pénal Tunisien, criminalisant l’homosexualité masculine et féminine d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison, et dont les pratiques d’inculpations lors d’arrestations (le test anal) vont à l’encontre de la dignité humaine. Rappelons que cet article, héritage de la colonisation française, va à l’encontre de la Constitution de 2014, garantissant aux citoyen/ne.s la dignité, les libertés et les droits individuels et collectifs, sans discrimination. 

Cependant, les associations Chouf et Mawjoudin tiennent à souligner qu’elles gardent toutes ses réserves, exprimées dans un communiqué précédent, face à certaines méthodes et agissements de l’association Shams, tels que les pratiques de « outing », L’exposition dangereuse de la vie privée des personnes LGBTQI+ vulnérables, la normalisation avec l’entité sioniste, en plus des plaintes reçues de cas de harcèlement sexuel qu’aurait commis le président de l’association Shams. Les victimes, ne pouvant recourir à la justice à cause de l’article 230 et la crainte légitime de se faire arrêter, décident de ne pas porter plainte, ce qui accroît l’impunité de cette personne. 

Les associations Chouf et Mawjoudin soutiennent donc l’association Shams face à la menace de dissolution, sans pour autant fermer les yeux sur ces points qui entachent notre cause commune. 



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